23 septembre 2006

Un gadget pour développer l'agilité des doigts

Depuis 2 semaines, j'utilise un petit gadget en plastic pour développer l'agilité des doigts, L'ustensile s'appelle fiddlelink et est vendu sur handhealth.com. Sur le site, une courte vidéo illustre la manipulation du gadget. En seulement 2 semaines d'utilisation, j'ai pu considérablement développer ma main gauche, laquelle était certes assez en retard par rapport à la droite. Il est évident que l'utilisation du fiddlelink ne fait pas de vous un pianiste accompli ! Il s'agit simplement d'un moyen qui permet de vaincre certaines résistances au niveau de l'indépendance et de la mobilité des doigts, et ce qui est intéressant, c'est que contrairement à d'autres moyens de développement de la main, on ne travaille pas la force, mais bien uniquement la dextérité des doigts ! Je n'ai pas encore essayé les boules chinoises, mais je pressens que l'on peut également tirer des bénéfices intéressants de leur manipulation. Un avantage du fiddlelink est que son utilisation ne requiert pas d'attention et peut donc se faire conjointement à une autre activité. Connaissez-vous d'autres "trucs" qui permettent au débutant d'améliorer sa dextérité ?

18 septembre 2006

Résumé de la méthode de Chang

Préambule

Chang l’écrit lui-même dans son traité (Fundamentals of Piano Practice, 2nd edition), il n’invente rien. Il a compulsé une quantité d’ouvrages sur la technique pianistique et en a tiré une synthèse raisonnée, en examinant chaque principe avec rigueur et en exposant les raisons de son efficacité. Vous trouvez ci-dessous la traduction du chapitre 1.3.22 Outline Summary of Entire Method. Personnellement, j’applique ces principes, les ensembles parallèles mis-à-part, faute d’en avoir compris l’essence, avec des résultats extrêmement positifs qui me comblent de bonheur !

Traduction

Cette méthode est basée sur 4 concepts majeurs : la pratique mains séparées, la pratique par segments, les ensembles parallèles et la mémorisation.

  1. N’apprenez que des compositions musicales, pas de Hanon, Czerny, etc. Par contre, les gammes et les arpèges sont nécessaires.
  2. Ecoutez des interprétations/enregistrements, mais n’essayez pas de les imiter exactement.
  3. Pratiquez vos anciennes pièces terminées à froid (sans échauffement préalable).
  4. Lorsque vous débutez une nouvelle pièce, faites une lecture à vue afin d’identifier les passages difficiles et pratiquez les sections les plus difficiles en premier. Ensuite

    • Pratiquez mains séparées (MS), en segments se recouvrant (loi de la continuité).
    • En premier lieu, mémorisez, mains séparées. Ensuite commencez à pratiquer. La clef pour mémoriser est d’atteindre la bonne vitesse aussi vite que possible. Mémoriser lentement peut être exagérément difficile.
    • Utilisez les ensembles parallèles pour diagnostiquer vos faiblesses. Jouez les ensembles parallèles en boucle afin d’éliminer vos points faibles et d’atteindre la bonne vitesse rapidement.

  5. Jouez la dernière répétition de toute portion répétée lentement avant de changer de main ou de passer à un autre segment.
  6. Pratiquez la relaxation en tout temps, particulièrement MS; ceci inclut le corps entier ainsi que la respiration et la déglutition.
  7. Passez outre les fautes, ne vous arrêtez pas pour les corriger. Corrigez-les plus tard en utilisant la pratique par segment là où la faute s’est produite.
  8. Utilisez parcimonieusement le métronome pour vérifier le rythme ou la vitesse. Ne l’utilisez pas dans le but d’ « augmenter graduellement » votre vitesse de jeu.
  9. Utilisez la pédale uniquement où ceci est indiqué; pratiquez sans la pédale jusqu’à un jeu satisfaisant, ensuite ajoutez la pédale.
  10. Afin d’apprendre mains ensembles (ME), pratiquez MS jusqu’à une vitesse supérieure à la vitesse finale ME; ensuite, prenez un segment court, jouez la main la plus difficile et ajoutez progressivement les notes de l’autre main.
  11. Pratiquez musicalement, doucement, mais avec autorité et expression. La pratique du piano n’est pas un exercice de fortification des doigts; c’est le développement des ressources mentales et des cellules nerveuses pour le contrôle et la vitesse. Ajouter les forte seulement après avoir acquis la technique nécessaire.
  12. Avant de terminer votre session, jouez tout ce que vous avez pratiqué (ce jour) lentement afin d’assurer une Amélioration Post Pratique (APP) correcte. Celle-ci se produit principalement durant le sommeil. La dernière chose que vous souhaitez est d’inclure vos fautes (principalement résultant d’un jeu très rapide) dans l’APP.

09 septembre 2006

Hanon et autres, plus jamais ça !

Bonjour Cher ami pianiste,

Je souhaite faire état de mon expérience avec les exercices de ce type. Pendant à peu près 2 ans, j'ai consacré de 45' à 1h15' par jour à des exercices visant à améliorer l'agilité et la force des doigts. J'étais persuadé que si je ne faisais pas mes exercices pendant un jour, j'allais régresser. La perspective de partir en vacances pendant ne serait-ce qu'une semaine m'effrayait. Puis j'ai découvert le traité de Chang, Principes fondamentaux du travail du piano, 2ème édition (il s'agit d'une traduction partielle de Fundamentals of Piano Practice, 2nd edition), et j'ai commencé à l'étudier dans l'esprit d'en tester les enseignements. Chang explique en une dizaine de points pourquoi les exercices à la Hanon non seulement sont peu utiles, mais en plus sont dommageables pour l'étudiant pianiste. Il compare même la doctrine Hanon a une forme de terrorisme qui a sévi, et continue de sévir, au détriment de milliers pianistes.

Il y a 2 mois, j'ai décidé d'abandonner le Hanon, ne conservant que les 28' quotidiennes de l'exercice présenté par Robert Nixon (exposé dans mon messages du 9 juillet sur ce blog). J'avais déjà 3/4 d'heure de musique de plus par jour. Le rêve ! 1 mois plus tard, après avoir avancé dans la lecture de Chang, je décidais de tester l'abandon de l'exercice de Nixon pendant 1 semaine. Je n'ai toujours pas repris et ne le ferai pas. A la place de ma demi-heure d'exercices le matin avant d'aller travailler, je joue mes pièces, je me fais plaisir. En plus, j'entraîne le jeu à froid (le matin, même après les abdos, les mains et le cerveau ne sont pas encore au top, en tout cas pas pour moi !). Depuis 3 mois, ma progression au piano a connu une accélération surprenante, cela, grâce au traité de Chang et à ses méthodes, par le fait que je joue plus longtemps, et malgré mon abandon de la philosophie "no pain, no gain". J'en déduis pour ma part que le Hanon ou l'exercice de Nixon peuvent éventuellement être utiles au tout début de la pratique du piano afin de délier les doigts. Néanmoins, je suis convaincu que l'on peut atteindre le même objectif en travaillant des passages délicats techniquement mains séparées, en altérant toutes les 15 à 30 secondes la main droite et la main gauche, comme le préconise et le rationalise Chang. Les exercices à la Hanon m'ont été utiles, je ne renie pas cela, mais leur valeur provenait du fait que je n'avais pas encore découvert les "bonnes" méthodes de travail. J'espère que mon expérience pourra être utile à ceux qui liront cet article !

12 août 2006

Un rêve se réalise: ma radio sur-mesure !

Petite parenthèse ouverte entre les techniques-clavier pures: je vous présente Pandora, un service de création de radio personnalisée sur Internet. Vous indiquez le nom d'un artiste ou d'un morceau et Pandora streame sur votre pc des morceaux qui sont dans la même ligne que votre choix. Pour chaque morceau, vous pouvez indiquer s'il vous plaît ou non, ce qui permet à Pandora d'affiner votre profil d'auditeur. Mais encore plus fort: vous pouvez acheter une box qui se branche sur votre routeur ou communique avec votre borne wi-fi afin de recevoir Pandora directement sur votre chaîne hi-fi ou sur un système de haut-parleurs amplifiés, sans devoir allumer votre pc ! Exit les stations de radio niaises et ringuardes avec leurs assommantes publicités. A ce propos, la version gratuite de Pandora comporte bien de la publicité. Mais pour 3 USD par mois, vous échappez à ce calvaire !

Truc pour la création d'un compte chez Pandora: le service n'est en principe accessible qu'aux internautes domiciliés aux Etats-Unis (!!!). Lors de l'inscription, indiquez simplement un zip code US, par ex 90001 (Los Angeles). Conservez ce zip lorsque vous réglez l'abonnement avec votre carte de crédit: cela n'empêche pas la transaction de se terminer avec succès !

01 août 2006

Clavier-conseil 1: travailler section par section

Divisez votre pièce en petites sections et pratiquez chaque section jusqu’à ce qu’elle soit au point. Ensuite, combinez 2 petites sections pour en faire une plus grande. Pratiquez cette plus grande section jusqu’à ce qu’elle soit bonne. Continuez ainsi jusqu’à ce que vous maîtrisiez toute la pièce.

Assurez-vous que vous divisez la pièce en sections qui font sens musicalement – une phrase, la moitié d’une phrase ou 2 phrases, par exemple. Ne divisez pas simplement en portions de 2 mesures ou d’une ligne si cela n’a aucun sens sur le plan musical. Chaque section doit toutefois se terminer par la première note de la section suivante afin de rendre leur raccordement parfaitement naturel.

Au début, vos sections devraient être très réduites – assez petites pour que vous puissiez pratiquement les jouer parfaitement dès le début. A mesure que vous devenez plus à l’aise avec la pièce, vous pouvez augmenter la taille des sections. Les sections seront plus grandes pour une pièce facile par rapport à une pièce difficile. Pour une pièce ardue, les sections peuvent être très petites.

L’erreur la plus commune chez les étudiants est de commencer avec des sections trop grandes. Choisissez une petite section et déterminez le doigté et le comptage. Ensuite, essayez de jouer votre section, avec attention et lentement, en la répétant sept fois. Si vous n’arrivez pas à la jouer sans accroc (au minimum, avec notes justes et en décomptant) après une ou deux tentatives, cela indique que votre section est trop longue ou que votre rythme est trop rapide. Après avoir joué la section sept fois, ne regardez plus la partition et essayez de la jouer de mémoire. Si vous ne pouvez vous remémorer la section dans sa totalité, celle-ci est trop grande. Divisez-la en deux et recommencez.

A mesure que vous apprenez une pièce, vous serez progressivement en mesure de travailler sur des sections de plus en plus grandes. Mais lorsque vous débutez une pièce, vos sections devraient être telles que vous pouvez les mémoriser après les avoir jouées seulement sept fois.

Pourquoi cela fonctionne-t-il ?

La règle « mémoriser après sept répétitions » trouve son origine dans la psychologie de l’apprentissage. Si un stimulus suffisamment court pour être contenu dans la mémoire à court terme est observé avec attention approximativement sept fois, il rentre dans la mémoire à long terme. Si ce processus est répété sur une période de temps (disons que le stimulus est observé sept fois chaque jour sur une période de cinq jours), la mémoire à long terme se renforce graduellement pour devenir mémoire permanente.

De cette manière, si, au début, vous choisissez des sections suffisamment petites pour être mémorisées après sept répétitions, vous travaillez avec des sections de taille telle qu’elles tiennent aisément dans la mémoire à court terme. Ces sections sont les plus faciles à comprendre et à traiter pour votre mental. Elles seront apprises et mémorisées plus facilement et seront retenues plus longtemps.

Si, durant votre pratique vous jouez des sections de vos pièces qui excèdent la capacité de votre mémoire à court terme, le début de la section aura disparu de votre mémoire à court terme lorsque vous atteindrez la fin du passage. Cette surcharge de la mémoire à court terme perturbe l’ensemble du processus de mémorisation. L’apprentissage et la mémorisation sont bien plus difficiles dans ces conditions.

Avantages :

En travaillant en accord avec les contraintes naturelles de la mémorisation, vous apprenez plus vite et retenez ce que vous avez appris plus longtemps.

Si vous pratiquez une pièce entière ou une section trop longue, vous oubliez toutes les fautes de la première phrase au moment où vous arrivez à la fin. En travaillant avec une petite section, vous pouvez saisir la totalité du problème en une fois, et ainsi le résoudre. De cette manière, vous pouvez viser la perfection. Il est facile de rendre parfaite une courte phrase, même au premier jour où vous la pratiquez. Mais il semble impossible de rendre parfaite une pièce entière, même après des semaines et des semaines de travail. Rappelez-vous : « diviser pour régner (divide and conquest) ! ».

Quand utiliser cette technique ?

Cette méthode est à utiliser pour chacune des pièces que vous apprenez.

Conseil tiré de General Practice Tips.

09 juillet 2006

Un exercice très efficace pour améliorer le travail des doigts

Préambule

Ce texte est la traduction par mes soins d’un article de Robert Nixon disponible en libre accès sur Internet. Je pratique cet exercice tous les jours, sans exception, durant une trentaine de minutes, et je suis si satisfait et enchanté du résultat que j’ai décidé de le rendre accessible aux claviéristes francophones en le traduisant. Rien n’est gratuit en ce monde et vous, musicien débutant (ou accompli), vous savez bien ce que je veux dire ! La pratique de cet exercice m’a demandé beaucoup de volonté au début, mes doigts se refusant à l’effort ! Encore aujourd’hui, certains matins (je pratique l’exercice avant d’aller travailler), il s’apparente presque à une petite séance de torture ! Comme l’exercice est tout à fait ennuyeux, je l’exécute en écoutant un livre audio. Plus l’histoire est captivante, moins la peine se fait sentir. C’est un peu comme faire son jogging accompagné d’un walkman ! Donc, pour retirer les fruits de cette pratique, un peu de volonté est requise. Mais vous pouvez être assuré de percevoir un résultat après à peine 1 semaine d’entraînement : vos doigts sont plus forts, ils frappent les touches avec plus de précision et la main reste beaucoup plus stable sur le clavier. L’exercice doit bien entendu être exécuté sur un clavier à toucher lourd (piano acoustique ou piano numérique), et non sur un clavier-arrangeur ou sur un orgue. L’exercice se composant de plusieurs parties de durée déterminée, j’utilise un timer multiple qui signale la fin de chacune des parties. Les sections qui suivent constituent l’article proprement dit.

L’article

Quantité de choses ont été écrites dans le domaine de la technique pianistique. Leur étude peut facilement entraîner la perplexité du lecteur, qu’il soit enseignant ou étudiant. Outre la difficulté intrinsèque qu’il y a à décrire des actions physiques par des mots écrits, beaucoup de contributions sont contradictoires aussi bien au niveau des principes que des détails. De plus, la littérature moderne traitant de la technique pianistique est souvent encombrée de termes pseudo scientifiques, ce qui rend encore plus difficile l’évaluation de la pertinence – ou de l’absence de pertinence – de ses propositions.

De manière traditionnelle, l’essentiel de la technique au clavier réside dans l’égalité et l’indépendance des doigts. Il semble difficile de concevoir un système qui ne considère pas ce qui précède. Cependant, beaucoup de travaux modernes sur la technique prétendent que la coordination des bras, ou même des épaules, est plus importante que l’entraînement des doigts. Pourtant, en fin de compte, le piano se joue avec les doigts (à moins que vous ne jouiez des groupes de notes à la manière d’Henri Cowell !). Les doigts sont en contact avec les touches et c’est par leur action que les touches produisent un son. Il est difficile de voir comment les bras et les épaules, qui sont relativement éloignés des touches, et ne sont pas en contact physique avec elles, peuvent avoir beaucoup à voir avec le jeu au piano. Ils positionnent simplement la main à l’emplacement approprié sur le clavier, une fonction rudimentaire. C’est l’action des doigts qui produit le volume, la régularité, la précision, la clarté du jeu, le contrôle de la dynamique, etc, en bref, ces qualités qui distinguent le pianiste techniquement accompli du pianiste médiocre, et souvent déterminent la réussite ou l’échec à l’obtention d’un diplôme de piano.

Le but de cet article est de décrire une manière simple, efficace et éprouvée de développer une technique de doigté de qualité. L’approche exposée n’est en aucune manière originale ni ne s’écarte de l’orthodoxie en la matière. Des exercices similaires peuvent être trouvés dans quantité de méthodes du dix-neuvième siècle, ainsi que dans certains travaux techniques du début du vingtième siècle. Néanmoins, cet exercice va probablement sembler innovant, même radical à beaucoup d’étudiants et d’enseignants. En plus, il offre la garantie d’améliorer votre jeu !

L’exercice

En premier lieu, positionnez le pouce de votre main droite sur sol dièse. Maintenant, positionnez votre deuxième doigt sur si, le troisième sur ré, le quatrième sur fa et le cinquième sur sol dièse (situé une octave plus haut que le sol dièse sur lequel repose le pouce). Vous devriez couvrir maintenant un accord de septième diminué. Positionnez la main gauche de manière qu’elle couvre le même accord clef de fa. Pressez toutes les notes de l’accord en vous assurant que les doigts restent aussi incurvés que possible. Le dos de la main doit rester plat (un crayon pourrait s’y trouver en équilibre sans tomber). Les avant-bras doivent être parfaitement horizontaux et perpendiculaires au clavier, sans aucune tension dans les poignets. Cette position doit être conservée tout au long de l’exercice.

En fonction de la taille de votre main, vous pourriez avoir l’impression d’un grand écartèlement, particulièrement si une position correcte (comme décrite plus haut) est conservée, ce qui est essentiel. Néanmoins, l’exécution de ce genre d’accord est une exigence relativement standard chez tous les compositeurs à partir de Bach. Le problème ne vient généralement pas de ce que la main soit trop petite, mais plutôt d’un manque d’entraînement. Comme toute personne qui s’est essayée au yoga, au karaté ou à la gymnastique le sait, la souplesse est quelque chose qui peut être acquise. Ainsi, plus la position est difficile, plus il est important que vous persévériez à son maintien !

Maintenant, tout en ayant soin de conserver les autres doigts fermement appuyés sur les touches enfoncées, jouez du cinquième doigt, en répétant sa note (un sol dièse pour chaque main), de manière régulière à un rythme modéré (pas très rapide). Jouez aussi fort que vous pouvez, mais en vous assurant qu’aucun mouvement du bras quel qu’il soit ne se produise, et en veillant à conserver une position de main correcte (doigts incurvés, dos de la main plat, etc.). Exécuter l’exercice aussi longtemps que votre concentration, patience et endurance vous le permet (cela peut varier entre une et dix minutes).

Le but de l’exercice est de :

  • fortifier le cinquième doigt aussi bien dans son mouvement vers le bas (production du son) que vers le haut (articulation)
  • rendre son action indépendante des autres doigts et indépendante de tout mouvement du bras ou du poignet, et de
  • développer l’orientation, la sensibilité et le contrôle du cinquième doigt

Maintenant, en gardant les mains positionnées sur notre accord de sol dièse septième diminué, notre attention se porte sur le quatrième doigt. A nouveau, conservez chacun des doigts fermement appuyé sur sa touche respective, à l’exception du quatrième. Comme auparavant, le quatrième doigt répète maintenant sa note (fa en main droite et si en main gauche), régulièrement, aussi fort que possible, et à un rythme modéré. Répétez le mouvement durant une période de une à dix minutes, en fonction du niveau de fatigue que vous rencontrez, et de vos ambitions pianistiques ! Si vous avez l’intention de jouer le Concerto No 3 de Rachmaninoff à un moment donné de votre future carrière, pratiquez plus longtemps !

La prochaine étape consiste à employer précisément la même procédure avec le troisième doigt. La difficulté n’est généralement pas aussi grande qu’avec le cinquième et le quatrième doigt, et cette partie de l’exercice peut être considérée comme l’occasion pour les doigts plus faibles de récupérer. Il est recommandé de consacrer moins de temps et d’effort au troisième doigt.

Alors que ces trois étapes ont peut-être été fatigantes (en fait, elles auraient dû l’être si effectuées suffisamment longtemps et avec suffisamment d’intensité), il est peu probable que des problèmes de coordination sont apparus. Les deux étapes finales à venir, peuvent potentiellement occasionner des difficultés de coordination – environ 90 % des étudiants semblent en rencontrer au début –. Ces difficultés disparaissent en principe assez rapidement.

Les mains devraient être positionnées comme décrit précédemment, chacune couvrant l’accord à cinq notes sol dièse, si, ré, fa et sol dièse. Appuyez fermement les doigts sur les touches, à l’exception du cinquième et du troisième, et conservez-les appuyés durant la totalité de cette phase de l’exercice. Maintenant, jouez le troisième et le cinquième doigt (sol dièse et ré pour chaque main) en même temps, comme double note. Répétez cette double note, de manière régulière, aussi fort que possible, à un rythme modéré. Assurez-vous que les deux notes sont jouées absolument simultanément et qu’aucun des autres doigts ne bouge en aucune manière. Une attention particulière doit être portée au fait que le quatrième doigt doit rester immobile pendant que se meuvent les troisième et cinquième doigts. De la même même manière, le bras et le poignet doivent rester parfaitement immobiles.

L’étape finale de l’exercice consiste à appliquer la même procédure, mais en jouant la double note avec le second et quatrième doigt, alors que les autres doigts demeurent fermement appuyés sur les touches, comme auparavant.

Pour les cinq étapes de l’exercice, la distribution de temps suivante est recommandée :





Cinquième doigt5 minutes
Quatrième doigt5 minutes
Troisième doigt2 minutes
Troisième et cinquième doigts4 minutes
Deuxième et quatrième doigts4 minutes

Ce schéma prend au total seulement vingt minutes (il peut être répété plusieurs fois si l’on dispose de plus de temps). En terme de développement des doigts, vingt minutes affectées comme suggéré ci-dessus sont équivalentes à environ trois heures de gammes !

Qu’est-ce que cet exercice va m’apporter ?

L’exercice décrit ci-dessus, bien qu’extrêmement simple dans son concept et limité dans sa matière, contient en lui presque tous les mécanismes physiques qui différencient une bonne technique d’une mauvaise. Les effets de cet exercice concernent :

  • les muscles responsables du mouvement des doigts sont renforcés, particulièrement ceux des quatrièmes et cinquièmes doigts. Plus le niveau de force des doigts est identique, plus le jeu est régulier
  • les tissus qui relient les doigts et réduisent leur mobilité sont assouplis, autorisant une meilleure indépendance des doigts
  • les doigts sont formés à produire un bon son sans implication d’un mouvement du poignet ou du bras. Plus grande est l’économie de mouvement, meilleure est l’efficacité et la rapidité de toute action au clavier
  • les messages du cerveau aux doigts sont mieux contrôlés et les mouvements spasmodiques des doigts sont réduits ou éliminés. Ce facteur est le plus visible dans les deux étapes finales de l’exercice dans lesquelles deux notes sont jouées simultanément. Au début, il est difficile d’envoyer un ordre de mouvement simultané du cerveau vers le troisième et le cinquième doigt sans que bouger également le quatrième doigt (de même pour le second et quatrième doigt sans bouger le troisième doigt). Le cheminement neural, à moins d’être développé par ce type d’exercice, demeure confus et inefficace.

Au niveau de la qualité du jeu, tous ces éléments se traduisent en une plus grande rapidité, une articulation plus claire, plus de précision, plus de régularité et plus de force. La plupart des pianistes dont l’objectif est d’être de meilleurs interprètes ou de meilleurs professeurs seront d’accord de reconnaître que l’on ne possédera jamais assez des qualités mentionnées plus haut.
Rendre les exercices plus intéressants
Un des traits les plus intéressants de l’exercice décrit plus haut est que, en raison de son caractère répétitif, il ne demande pas d’y consacrer la totalité de son attention. Il est parfaitement possible de lire un livre (ou d’écouter un livre audio, ndt.) pendant que l’on pratique l’exercice ! Il existe beaucoup d’anecdotes sur des grands pianistes du passé qui avaient l’habitude de lire durant leurs exercices techniques. Mentionnons Liszt, lequel se cultivait en lisant Shakespeare et Goethe (parmi d’autres auteurs) en pratiquant des exercices de même nature que celui qui nous occupe. Henselt lisait la Bible durant ses exercices - exécutés durant 16 heures quotidiennement -. Lorsqu’il arrivait à la fin, il revenait simplement au début et repartait pour une nouvelle lecture intégrale. Saint-Saens pratiquait ses exercices en lisant les journaux du jour !

Une suggestion évidente pour rendre l’exercice décrit dans cet article plus intéressant, et aussi plus utile, est de transposer l’accord de septième diminué chromatiquement, en se déplaçant sur plusieurs accords de septième diminués différents. Néanmoins, il faut veiller à ce que les changements se fassent sans aucune hésitation et sans que cela entraîne une détente musculaire.

Une suggestion finale à l’intention des pianistes extrêmement ambitieux : au lieu de jouer avec un accord de 5 notes de septième diminué (sol dièse, si, ré, fa, sol dièse), essayer un accord de 5 notes augmenté (fa, la, do dièse, fa, la). Le pouce est ainsi éloigné d’un dixième majeur du cinquième doigt, et une tièrce majeure sépare chaque doigts. Il va sans dire que des précautions s’imposent pour éviter la surcharge : il doit y avoir un peu de fatigue, mais pas jusqu’à atteindre une douleur excessive ! Cette remarque s’applique de manière identique à tout ce qui est suggéré dans cet article.

Conclusion

Il est bénéfique que le pianiste puisse diviser le temps consacré à la pratique en 2 parties totalement distinctes : la répétition et l’entraînement. La répétition est l’apprentissage du répertoire, et l’expérimentation de différents types d’interprétation et de présentation. Lors de la répétition, tout souci de technique devrait être oublié, parce que celle-ci devrait être à 100 % sûre.

L’autre aspect de la pratique est l’entraînement. Celui-ci consiste à développer la mécanique et la coordination requise pour jouer de son instrument. Cela doit représenter une proportion substantielle de votre temps d’exercice, et plus le pianiste est avancé, plus la proportion du temps consacré à l’entraînement tend à être grande.

Le programme d’exercice exposé dans cet article appartient, bien sûr, à la catégorie de l’entraînement. Il ne fait aucun doute que beaucoup de lecteurs trouveront l’approche présentée étrange et inhabituelle, mais quelques-uns reconnaîtront immédiatement l’origine des idées marquantes qui sous-tendent ce programme, origine à chercher dans beaucoup de méthodes techniques respectées, développées pour la majorité au dix-neuvième/début du vingtième siècle. En ce qui concerne le piano, dont le répertoire comprend beaucoup de pièces de plus d’un siècle, la manière ancienne n’est pas forcément la moins bonne !

09 juin 2006

Ca y est, je me mets à l'harmonie !

Après presque 3 ans de clavier, je désire comprendre toutes ces notions de gammes, de modes, d'intervalles alors que jusqu'à maintenant, je me suis contenté d'apprendre lire une partition et de mémoriser les accords de base. Mon objectif: commencer à improviser au piano. Pour cela, quelques connaissances théoriques de d'harmonie me paraîssent utiles. Des informations sont disponibles sur le net. J'ai le sentiment que tant que l'on essaie tant bien que mal de mémoriser des concepts sans les lier entre eux, on reste bloqué à un niveau d'incompréhension. Lorsque ces fragments de connaissances commencent à être reliés, on assiste à l'émergence de la compréhension, un phénomène que les physiciens nomment percolation. Ensuite, sur ce noyau de compréhension peuvent venir s'attacher de nouvelles connaissances qui finissent par faire de nous un expert, ou du moins un bon connaisseur du domaine. Mais le chemin est long: mon prof me parle de 6 ans pour maîtriser l'harmonie ! Et il ne faut évidemnment pas se cantonner à une approche purement intellectuelle, mais pratiquer sur le clavier, automatiser les gammes par exemple. Voici un lien sur un site qui expose quelques concepts de solfège basiques qui m'ont permis de fixer cet embryon de noyau de connaissances. La personne qui a réalisé ce petit site est un amateur, comme moi, et c'est rassurant ! Celui qui a récemment appris quelque chose ou qui a peiné pour acquérir une connaissance n'est-il pas particulièrement bien placé pour l'expliquer et la présenter de manière efficace aux néophites ?
Notions de solfège pour le débutant.

04 juin 2006

Plus le temps de lire à cause de la musique ?

L'apprentissage du clavier me prend toutes mes soirées. Je n'ai donc plus beaucoup de temps pour lire. Il existe toutefois un moyen pour ne pas devenir un monomaniaque du clavier: les livres audios. Ceux-ci existent désormais également en français. Bien sûr, le choix par rapport aux livres ordinaires est limité, mais un des avantages du livre audio est qu'il se réécoute plus facilement qu'un livre ne se relit. Utile pour les ouvrages philosophiques ! En plus, le livre audio constitue un excellent moyen pour faire disparaître l'ennui de certaines tâches. J'écoute un audiobook en faisant la vaisselle ou en préparant mes repas par exemple. J'ai même expérimenté - avec bonheur car je continue - l'écoute d'un livre audio pendant mes exercices de fortification des doigts sur mon 88 touches lesté. Après tout, l'histoire relate que certains grands pianistes lisaient le journal, ou la bible, en travaillant leurs exercices techniques ! Le moyen le plus simple et le plus efficace pour se procurer des livres audios est proposé par Audible France. Pour les ouvrages en anglais Audible US.

Les différentes conceptions en matière de technique pianistique

02 juin 2006

Maîtriser les parties difficiles

Lorsqu'on étudie une pièce musicale, il ne sert à rien d'aller plus avant dans la pièce tant que l'on bute sur des mesures non maîtrisées. Le risque est que l'on avance dans la pièce avec l'envie de pouvoir la jouer rapidement en totalité en se disant que le passage problématique finira par être maîtrisé. En final, on joue la pièce avec aisance, sauf ces mesures difficiles sur lesquelles on accroche systématiquement.

Durant l'étude, il est considérablement plus productif de se concentrer durant quelques sessions sur les mesures qui nous posent problème. Les jouer en boucle, les fractionner au besoin, main droite et main gauche séparément si nécessaire, mais ne pas aller plus loin dans la pièce tant que l'on n'arrive pas à jouer les mesures difficiles en boucle avec aisance.

Ceci vaut également pour une pièce que l'on joue depuis des mois, voire des années, avec toujours ce satané passage délicat qui nous pose problème. L'effort (psychologique) consistant à se concentrer durant quelques sessions sur cette partie en la jouant en boucle, lentement, puis en augmentant la vitesse, est d'un effet garanti: durant les mois et les années qui suivront, on se rira des passages sur lesquels on aura si souvent trébuché auparavant.

Une chaîne a la solidité de son maillon le plus faible. Consacrer quelques séances d'étude à renforcer un passage délicat améliorera la totalité d'une pièce musicale, et son plaisir à la jouer ! C'est la manière la plus productive de travailler, et on peut même en faire une philosophie de vie, vous ne pensez pas ?

28 mai 2006

Le finger-fitness - améliorer sa dextérité manuelle


J'expérimente depuis 3 semaines le finger-fitness, une méthode mise au point par l'américain Greg Irwin. Cette méthode est disponible sous forme de DVD en anglais. Les leçons se donnent en 2 parties: une explication accompagnée d'une démonstration filmée, et une "dance-routine", film + musique, afin de s'entraîner. Néanmoins, une fois les exercices assimilés, ils se pratiquent dans n'importe quel contexte, en attendant le bus, dans un embouteillage ou comme petit échauffement avant de s'installer au piano. Les leçons étant très visuelles, il n'est pas indispensable de comprendre l'anglais pour se mettre au finger-fitness ! Je n'ai pas encore suffisamment de recul pour pouvoir décrire avec précision ce que ces exercices m'apportent en tant que claviériste. Je veille également à ne pas trop solliciter mes doigts dans premier temps car la main est une mécanique complexe et fragile qu'il ne faut pas brusquer sous peine de tendinite. Mais je suis convaincu que le finger-fitness est un excellent moyen de progresser sur le plan technique dans l'apprentissage du clavier. Consulter le site de la méthode.

24 mai 2006

Pourquoi ce blog ?


A l’âge de 43 ans, profitant d’une période de chômage faisant suite à la faillite de la start-up dans laquelle je travaillais, je décidais de réaliser un rêve d’enfance et je m’achetais un clavier-arrangeur moyen de gamme. Assez rapidement, je ressentais le besoin d’aborder des exercices de technique pianistique genre déliateur ou Hanon. Puis, me rendant compte que l’exécution de ces exercices sur un clavier non lesté de 61 touches n’était pas suffisamment efficace, je faisais l’acquisition d’un piano numérique à touches lestées, avec comme objectif premier de disposer d’un instrument me permettant d’améliorer ma dextérité au clavier. Par la suite, je tomberai de plus amoureux de mon piano numérique, cultivant le rêve secret de m’acheter une fois un vrai piano Steinway, rêve que je réaliserai peut-être si j’atteins un jour un niveau me permettant de « mériter » un tel instrument !

J’ai une nature un peu stakhanoviste, caractérisée par une forte volonté, et je suis disposé à tester des techniques qui ont le potentiel de me faire progresser. Je surfe régulièrement sur le web afin de trouver des articles ou des méthodes me permettant de m’améliorer. Je suis tombé sur des trouvailles qui m’ont fait réaliser des bonds en avant, ou permis de corriger des erreurs pénalisantes dans ma méthode de travail, et ce site a pour but de partager mes découvertes et expériences. Je ne suis ni professeur de piano, ni musicien professionnel. Je ne suis pas doué et je sais très peu de choses en matière musicale ou dans le domaine de la pédagogie du clavier et je ne cultive aucune prétention à donner des leçons à quiconque. Je sais comme chacun utiliser un moteur de recherche, je me débrouille assez bien en anglais (pour les traductions), et je souhaite mettre à disposition de qui est intéressé le savoir-faire et l'expérience que j’acquière sur le très long chemin de l’apprentissage d’un instrument de musique.